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 villepin et la sortie....

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Wagner
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MessageSujet: villepin et la sortie....   Jeu 23 Mar 2006 - 1:39

C’est l’histoire d’un mec qui a perdu son lustre Embarassed

Auréolé de prestige pour s’être opposé à la guerre en Irak, sachant louvoyer entre patriotisme économique et réformes éclairs, Dominique de Villepin visait la tête de l’Etat. Il semble aujourd’hui plus près de la sortie.

Tout a commencé par des piqûres de moustique. Et rien ne va plus, depuis quelques semaines, pour Dominique Galouzeau de Villepin. A La Réunion, Villepin s’était fait un devoir de répandre la bonne nouvelle de la “solidarité nationale” face à l’épidémie de chikungunya qui touche près de 200 000 personnes dans ce lointain coin de France. Il avait promis une meilleure protection contre les perfides moustiques qui transmettent le virus et assuré que c’en était fini de l’indifférence d’une métropole bien à l’abri de ces sales bêtes. Mais Villepin n’avait pas imaginé que les moustiques se moqueraient de ses paroles et lui pomperaient le sang sans le moindre respect pour sa fonction. Et c’était cet homme, ne sachant même pas se protéger, qui devait protéger les autres ? Les journalistes commencèrent à se demander, y compris à Paris, si le Premier ministre n’avait pas attrapé le chikungunya. Certains trouvèrent que le chef du gouvernement avait l’air étrangement pâle sous son éternel bronzage. Le grand homme à la chevelure argentée était-il frappé par la “maladie de l’homme courbé”. Le service de presse de Matignon se sentit obligé de publier un démenti. Si Villepin a parfois l’air courbé, c’est sous le poids des affaires du gouvernement. Et c’est justement sa “priorité des priorités”, la lutte contre le chômage, qui lui donne du fil à retordre.
Villepin avait ici tenté une répétition de la charge à la hussarde qui lui avait permis de déborder les syndicats, le Parlement et l’opposition l’été dernier : convaincu que la France ne supporte les réformes que quand elles sont adoptées en vitesse et sans discussion, le Premier ministre avait profité du mois d’août pour imposer son contrat nouvelle embauche* (CNE), qui prévoit un assouplissement du licenciement. Quand les syndicalistes et les parlementaires étaient revenus de vacances, il était trop tard pour se révolter, les premiers contrats étaient déjà signés. Et les représentants des salariés n’allaient pas protester contre de nouveaux emplois. Villepin en avait tiré la conclusion (erronée) que l’attaque surprise était plus efficace que la concertation. Il élabora donc le contrat première embauche* (CPE) avec son équipe, sans consulter syndicats, patrons, majorité parlementaire ni ministres. La méfiance vis-à-vis des groupes de pression en tout genre constitue l’un des traits de caractère les plus marquants de Villepin. Les parlementaires, en particulier, lui inspirent un mépris qu’il s’est efforcé, dans son intérêt bien compris, de dissimuler au cours des derniers mois sous des airs de familiarité. En d’autres temps, Villepin, qui, comme Chirac, son mentor, n’y va parfois pas par quatre chemins, avait qualifié les représentants du peuple de “connards” dont l’organe le plus développé était le “trouillomètre” : dès que messieurs les députés flairaient une résistance, ils battaient en retraite. On ne s’étonnera donc pas que cet homme ne se soit jamais soucié de se trouver une circonscription. Cette aversion pour les députés remonte à l’annus horribilis 1997 : à l’époque secrétaire général de l’Elysée, Villepin avait convaincu Chirac de dissoudre l’Assemblée nationale. Ce fut un fiasco retentissant, qui vit le camp présidentiel perdre près de la moitié de ses sièges et ruina les rapports de Villepin avec son groupe parlementaire.
Le Premier ministre doit encore faire ses preuves comme réformateur. Il n’a pas vu venir la révolte des étudiants et des lycéens contre l’assouplissement du licenciement. Les agissements des agitateurs de gauche n’expliquent pas tout. Ce qui dérange les jeunes, dans le CPE, ce n’est pas qu’il tente de faire bouger un marché du travail figé mais le fait que leur génération doive subir le démantèlement des acquis sociaux auquel ont échappé les générations des Villepin et des Chirac. Et les étudiants en colère ne doutent pas que la période d’essai de deux ans s’appliquera un jour à toutes les nouvelles embauches. Les enfants Villepin, Marie (19 ans), Arthur (17 ans) et Victoire (15 ans) pourraient sûrement raconter à leur père les débats houleux qui agitent même les plus grands lycées. Les élèves d’Henri-IV et de Montaigne, deux prestigieux établissements parisiens, comptent parmi les leaders du mouvement lycéen contre le CPE.
Villepin n’a pas non plus su percevoir l’humeur des jeunes diplômés, qui l’ont longtemps considéré comme le héros du Conseil de sécurité de l’ONU, opposant avec verve et éloquence le non de la vieille Europe aux attentes des Américains lors de la crise irakienne. Ils attendaient de lui qu’il se dresse aussi héroïquement contre les exigences de la mondialisation. Louvoyant entre renforcement du service public, patriotisme économique et réformes éclairs, Villepin semblait presque pouvoir y parvenir. Le conflit sur le CPE l’a privé de son aura.


Michaela Wiegel
Frankfurter Allgemeine Zeitung
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