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 CHINE...INDE arriérées..

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Wagner
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MessageSujet: CHINE...INDE arriérées..   Ven 24 Mar 2006 - 0:43

Les deux géants asiatiques ne sont pas près de menacer la suprématie de l’Occident, affirme un économiste indien expatrié aux Etats-Unis.
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Les ministres du Commerce chinois Bo Xilai et indien Kamal Nath - AFP

Les médias font leurs choux gras de la montée en puissance des économies chinoise et indienne. Après une longue période de relative stagnation, ces deux pays ont vu depuis vingt ans leurs revenus croître à un rythme effréné. Les journalistes emploient toutes sortes de métaphores colorées pour évoquer leur intégration dans l’économie mondiale : les deux géants de l’Asie sortent de la “torpeur socialiste”, ce sont des “tigres échappés de leur cage”, et ainsi de suite. Les correspondants envoient de Pékin et de Bangalore des reportages fébriles sur la concurrence inexorable que vont nous faire ces nouveaux surdoués.
Si leur énorme potentiel économique à long terme ne fait aucun doute, ces deux pays vont cependant être aux prises, pendant des années encore, avec de graves problèmes structurels et institutionnels. L’Inde et la Chine sont toujours extrêmement pauvres. Sur une population totale de 2,3 milliards de personnes, la Banque mondiale a calculé que près de 1,5 milliard gagnent moins de 2 dollars par jour. Certes, des centaines de millions de Chinois se sont extirpés de la misère. A force de le répéter sur tous les tons, la presse financière internationale a réussi à nous faire croire que la mondialisation était à l’origine de cette prouesse.
En réalité, le recul de la pauvreté en Chine s’est amorcé vers le milieu des années 1980 (en grande partie grâce au développement de l’agriculture), avant l’explosion du commerce international et de l’investissement étranger qui a marqué les années 1990. Affirmer que c’est grâce à la mondialisation que les Indiens sont moins pauvres n’est guère plus convaincant : dans les années 1990, cette grande décennie de la libéralisation du commerce, le recul de la pauvreté s’est nettement ralenti. De toute façon, l’Inde reste un acteur mineur des échanges internationaux, contribuant pour moins de 1 % aux exportations mondiales, contre environ 6 % pour la Chine. [La part des Etats-Unis est de 8,9 %, celle de la France, de 4,9 %.]
Et qu’en est-il des armées d’ingénieurs en informatique, de programmeurs et de téléopérateurs censés dépouiller les pays riches de leurs emplois de cols blancs ? En Inde, le nombre total de personnes occupant toutes les formes possibles d’emplois liés aux technologies de l’information n’atteint pas 1 million, soit 0,25 % de la population active. Malgré tous ses Prix Nobel, ses brillants universitaires et ses cadres, l’Inde est le pays qui compte le plus d’analphabètes au monde. Les extraire de la pauvreté restera une tâche herculéenne pendant encore plusieurs décennies.
Même en Chine, pays désormais considéré comme l’usine du monde (alors que sa part dans la valeur ajoutée manufacturière est inférieure à 9 %, soit moins de la moitié de celle du Japon ou des Etats-Unis), moins d’un actif sur cinq est employé dans l’industrie, les industries minières ou le BTP. Le pays a en fait perdu des dizaines de millions d’emplois industriels depuis le milieu des années 1990. Et près de la moitié de sa main-d’œuvre travaille encore dans l’agriculture (en Inde ce taux approche 60 %). Comme la productivité par hectare stagne, l’économie de ces deux pays devra bientôt absorber des centaines de millions de paysans, ce qui constitue un défi de taille.

Une bureaucratie encore très tatillonne

Si, en Chine, le secteur privé est actif et dynamique, il reste relativement faible, et les banques locales croulent sous les créances douteuses. Les capitaux sont utilisés avec beaucoup moins d’efficacité qu’en Inde, même si en termes d’infrastructures et de progrès dans l’enseignement et la santé, les Chinois ont un meilleur potentiel de croissance. La réglementation commerciale est toujours aussi lourde dans les deux pays. Selon la Banque mondiale, pour créer une entreprise il faut compter 71 jours en Inde et 48 en Chine, contre 6 à Singapour [5 aux Etats-Unis et 8 en France] ; recouvrer une dette prend 425 jours en Inde, 241 en Chine et 69 à Singapour [250 aux Etats-Unis et 75 en France].
Dans le processus de réforme économique, les autorités chinoises ont souvent pris des mesures audacieuses, qu’elles ont appliquées rapidement et avec détermination, mais, à long terme, la nature autoritaire du régime constituera probablement un handicap économique majeur. Dans le sous-continent indien, les réformes se font par à-coups et de manière hésitante, en raison, dit-on souvent, de la lenteur inhérente au fonctionnement de la démocratie. C’est sans doute vrai, mais d’autres facteurs jouent aussi. Par exemple, les conséquences douloureuses de la restructuration de l’économie chinoise ont été quelque peu amorties dans les campagnes par le filet de sécurité minimal mis en place grâce aux réformes agraires de 1978. Tandis que, dans la majeure partie de l’Inde, il n’existe aucun dispositif de ce genre ; et il est plus difficile de résorber les tensions sur le marché du travail industriel en raison des plus grandes inégalités devant l’enseignement. C’est pourquoi la résistance au processus concurrentiel introduit par la réforme du marché est aussi vive dans ce pays.
Mais, en Chine, les inégalités (en particulier entre campagnes et villes) ne cessent de se creuser, et les laissés-pour-compte de la croissance commencent à s’agiter. Selon les chiffres de la police, les incidents liés à cette agitation sociale sont sept fois plus nombreux qu’il y a dix ans. La Chine est bien moins capable que l’Inde de gérer politiquement les conflits, et cela pourrait bien être son talon d’Achille. Depuis un demi-siècle, la société indienne, très hétérogène, a connu divers types de conflits, mais, dans l’ensemble, le régime a su les circonscrire. En Chine, pendant des siècles, la tradition homogénéisatrice véhiculée par la culture, la langue et l’Etat n’a guère laissé de place au pluralisme et à la diversité. Un parti communiste centralisateur et autoritaire a ensuite perpétué cette tradition. Il existe dans ce pays une véritable obsession de l’ordre et de la stabilité (et pas seulement au sein du Parti), une tendance à surréagir dans les situations difficiles et une promptitude à qualifier de séditieux les mouvements dissidents et les aspirations locales à l’autonomie.
Il faut donc garder le sens de la mesure lorsqu’on évoque l’ascension de la Chine et de l’Inde. Avant de pouvoir jouer, de manière durable, un rôle de premier plan sur la scène économique mondiale, les deux géants asiatiques devront encore surmonter de nombreux écueils.



Pranab Bardhan*
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C.N.
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MessageSujet: Re: CHINE...INDE arriérées..   Ven 24 Mar 2006 - 20:21

on le savait un peu deja...mais si on se reveille pas... Drapofrance
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